Conclusion

par le Cdt(h) René COTTAVOZ

 

Cet exposé, ne prétend pas être exhaustif. En vous faisant part de mes souvenirs, maintenant vieux de près de cinquante ans, j’ai simplement voulu montrer la façon magistrale avec laquelle l’Armée de l’Air avait répondu à un type de guerre nouveau, par la diversité des actions qu’elle était amenée à conduire.

Bien sûr mon expérience est parcellaire puisqu’elle a été acquise dans une seule zone géographique – l’est Constantinois en bordure de frontière tunisienne - et sur un laps de temps assez court, puisque j'ai servi à Tébessa, de la mi-1958 à la mi-1960.

C'est l'époque de la construction de la "Ligne Morice", barrage électrifié longeant la frontière, destiné à interdire ou tout au moins à rendre difficile, l'infiltration de rebelles depuis les camps d'entraînement situés en Tunisie. C’est aussi l'époque de l'incident de Sidi Youssef, que la presse a grossi de façon insolente et mensongère, ne prêtant crédit et ne retransmettant que les preuves et les informations truquées données par les Tunisiens. Mais, bien sûr, ces journalistes n'étaient pas sur place les semaines précédentes, alors que les avions et les troupes cantonnées à proximité étaient journellement attaqués, à la mitrailleuse de 12,7mm et au canon de 20 mm, depuis les toits des “écoles“ et de l’hôpital.

Mais j’ai, malgré tout, pu connaître plusieurs phases de cette lutte :
- en 1958-59 lorsque l’ALN et le GPRA ont cru pouvoir vaincre nos forces et prendre le contrôle des Aurès et de la Kabylie au prix d’affrontements directs ;
- plus tard, fin 59 et 1960, tout en poursuivant des actions de guérilla et de prise en main par la terreur des fellahs du bled, la période durant laquelle la direction de la rébellion a préféré mener son action sur le plan diplomatique, à l’ONU, et auprès de ceux de nos alliés les plus directement intéressés par le gaz et le pétrole du Sahara, dont nous venions de commencer l’exploitation.
- Ceci avant la dernière phase de 1961 à 1962 - période que j’ai vécue sur place, comme technicien civil envoyé par mon entreprise - celle des grandes manifestations urbaines dans les rues d’Alger.

Dans ce contexte, les personnels des EALA ont parfaitement assuré les missions qui leur étaient confiées, en travaillant avec efficacité et courage. Ils ont également payé un lourd tribut pour leur audace et leur engagement dans les actions pour secourir ceux qui se battaient “en-bas“ :
“Quand nous étions accrochés, quel soulagement de voir arriver les T6 ! “
 
Est-il une plus belle récompense que cette reconnaissance des hommes du terrain ?