II. LES EALA

par le Cdt(h) René COTTAVOZ

 

La force des EALA, c’est sa dispersion géographique qui lui permet de couvrir l'ensemble du territoire à proximité des troupes d’emploi de l’Armée de Terre. A chaque escadrille est affecté un secteur géographique comportant une base principale et des terrains de détachement sur lesquels elles peuvent n'envoyer qu'une section (deux avions).

Par exemple Tébéssa, outre sa base principale, avait deux terrains de dégagement :
- Bir El Ater, poste tenu par la Légion. Une fillod et une piste constituaient toute l’infrastructure aérienne. Les aviateurs en détachement étaient les hôtes de la Légion.
- Négrine, une oasis, qui ne comportait au départ qu'une SAT(Section d'administration territoriale) un officier et son équipe protégés par un détachement léger de la Légion.  En 1959, l'armée de l'air construisit une mini-base aérienne avec en permanence un groupe de protection et son commando et le détachement permanent de deux avions et leur personnel (mécanos et navigants).

Pour les EALA la dotation en avion est de 12 T6G dont en général un ou deux sont en petite révision (niveau 1&2) ; les avions en grande visite sont remplacés.

Suivant la tradition un insigne distingue chaque escadrille, il est porté sur la tenue de sortie et dessiné sur les avions. Pour les "Museau" (7/72) un "Fennec sur croissant de lune" peint sur le capot moteur et pour les "Chenil" (4/72) un "Daub de sables" peint sur le corps de l'avion. Idem pour les ELO, par exemple un "Macaque" pour l’ELO 5/45.
 
EALA 7/72EALA 4/72ELO 5/45

A chaque avion est attribué un numéro international d'immatriculation comportant cinq lettres: F(France) - U (aviation tactique) - E (spécifique de l'escadrille) - AT (propre à l'avion). De plus chaque EALA possède son indicatif-radio : Cabot, Museau, Chenil, Mangouste, Baron, Marquis, etc., et les chefs de patrouille leur couleur. Le noir étant généralement dévolu au chef d'escadrille.