Anoraa

I. EMPLOI DE L'AVIATION

par le Cdt(h) René COTTAVOZ

 

GENERALITES

L'armée de l'air joue un rôle important dans ce contexte. Tout d’abord, par ses troupes à pied, elle apporte une aide importante à l'Armée de Terre dans sa mission d'intervention rapide, en particulier par l’utilisation de ses Commandos de l’Air pour des interventions héliportées. Par ailleurs, ses sections de protection et d’intervention lui permettent d’assurer seule la protection complète de ses bases, dont on verra plus loin qu'elles sont nombreuses et disséminées.

Les groupes de transport assurent le soutien logistique et les parachutages, avec le célèbre Nord-Atlas dit "la grise", assisté par les bombardiers B26 “Marauder“ pour les largages lourds, les bombardements de zone et les mitraillages au canon et bien sûr ses hélicoptères “Sikorsky“.

Nord Atlas

La chasse de nuit, sur Dassault 315 “Flamant“, sillonne les frontières assurant le contrôle nocturne du ciel et l'interception des avions inconnus guidés en cela par les surveillants de la veille radar.

Les escadres de chasse et de reconnaissance (équipées d'avions modernes pour l’époque : Super Mystère SMB2, F84, F100, F104 etc.) ne jouent pas un grand rôle sur le terrain et restent basées en métropole, affectées aux missions en relation avec l’OTAN. Par contre, elles fournissent les équipages et le soutien logistique pour les escadrilles d'aviation légère. La chasse est présente par des unités plus légères équipées de “Vampire“ anglais rebaptisés “Mistral“, de P47 “Thunderbolt“ (aussi utilisés par l'Aéronavale, également équipée des célèbres "Corsairs").

Tous ces moyens aériens dépendent de la 5° région aérienne qui couvre également la Tunisie et le Maroc. Le commandement crée donc les GATAC (Groupements aériens tactiques) qui sont calqués sur la découpe de l‘Armée de Terre et sont chargés de la coordination, de l’emploi des moyens aériens et de la liaison avec les moyens aériens de l’Armée de Terre (Hélicoptères “Bananes“ H34 et "Pipers" L18 et L19 de l'ALAT) et ceux de l’Aéronavale.

 

AVIATION LEGERE

Mise en place

L'Armée de l'Air a réussi à mettre sur pied en un temps record des escadrilles d'avions légers grâce à une reconversion de son personnel et de sa politique. La décision de créer une aviation légère est prise durant l’été 1955. Trois Centres d’entraînement des réserves existaient déjà (Alger, Oran et Casablanca) offrant ainsi la possibilité de rassembler ses “Morane 500“ en quatre escadrilles. Equipés d'une mitrailleuse de sabord de 7,5 mm à camembert, ils sont mis en oeuvre au cours du premier trimestre de 1956. Ce sont les premières EALA.

Morane 500

Dans les écoles de métropole on prélève des T6, des MS733 puis des SIPA12 armés avec lesquels, sitôt prêts, sont constituées une à une les escadrilles. Le 15 octobre 1956 est créé le commandement de l'Aviation Légère de l'Armée de l'Air. Tout est fait pour que l'ALAA soit au plus près des unités de l'armée de Terre.

En mars 1957, il y a 3 escadrilles de Morane MS 500, 3 escadrilles de Morane MS 733, 2 escadrilles de SIPA et 19 escadrilles de T6. Leur nombre va rapidement atteindre 31 escadrilles. Deux escadrilles de Broussard vont venir compléter ce dispositif.

T6

Fin 1959, les T28 “Fennec“ plus puissants et mieux armés vont remplacer les T6G. Ces avions nécessitent une maintenance plus lourde ce qui va modifier le dispositif de base.

T28             T28

Les EALA, ERALA ainsi constituées vont dès le début des opérations pouvoir répondre aux besoins de renseignements, de surveillance et de l’appui feu au contact. La qualité des observations, la précision du tir lié aux qualités propres des avions utilisés, mais aussi à l’habileté, à l'entraînement et au courage des équipages en fait un outil précieux pour les troupes au sol.

 

Commandement

L'unité de combat est l'escadrille, EALA, (Esc. d’aviation légère), ERALA (Esc. de reconnaissance de l’aviation légère) et ELO (Esc. de liaison et d’observation). Ces escadrilles sont sous les ordres de PCAir, qui travaillent avec les grandes unités de l'armée de Terre.  Ils sont eux-même regroupés sous le commandement de 3 GATAC (Groupement Aviation Tactique). Le GATAC 1 de Constantine regroupant 5 PCA, le GATAC 2 d'Oran, 6 PCA, et le GATAC 3 d'Alger 2 PCA.

Carte

Je ne parlerais pas, dans le détail, des ELO dont les missions sont assez semblables à celles des EALA excepté l'appui feu proprement dit. Leur rôle est plus orienté vers la recherche et le recoupement des renseignements, la photographie et les  besoins des états-major. Une part de leurs avions est détachée vers les PCA.

Avec l'arrivée des T28, en décembre 1959, l'organisation change avec le regroupement de quatorze escadrilles en sept escadrons d'avions légers d'appui qui conservent la dénomination d'EALA et restent parrainés par les mêmes escadres de chasse dont ils sont le prolongement en A.F.N. Sept autres escadrilles de T6, dont la 4/72, restent autonomes.