Introduction

par le Cdt(h) René COTTAVOZ

 

La guerre d'Algérie, guerre révolutionnaire qui n'a jamais voulu dire son nom fut pudiquement baptisée "Opérations de maintien de l’ordre“. Les combattants du F.L.N. et du M.N.A. – appelés alors “Hors la loi“ (HLL) – sont dilués au sein de la population. D'où, le danger d'amalgame entre population civile d'origine maghrébine (FSNA – Français de souche nord-africaine) et sympathisants à l'insurrection, et, d'autre part, l’impossibilité d'utiliser les forces classiques de combat et leurs armements.

Au début, “Toussaint rouge“, 1er novembre 1954 à 1956, les “poignées de rebelles“ ne sont ni nombreuses ni structurées. Ce n’est qu’avec le temps qu’elles constituèrent de véritables commandos révolutionnaires de collecteurs d’impôt, de poseurs de bombes et de terroristes dilués dans la population des grandes villes, en particulier à la Casbah d’Alger.

Dans les campagnes et les montagnes, principalement en Kabylie et dans les monts de Nementcha, des unités organisées politisées et mobiles, les katibas parfaitement camouflées dans des grottes de montagne tentent de tenir le terrain.

Chaque unité comprend un commandement tricéphale : un chef politico-militaire et deux adjoints, le chef politique et le chef militaire. L’Algérie est alors découpée en 3 Willayas qui coiffent l’ensemble militaire et civil des mintakas.

Tébessa 1958 - Bande rebelle interceptée en bout de piste

L’armée doit s'adapter à ce mode de guérilla

Encore plus que dans les batailles classiques, le renseignement devient la base essentielle des actions ; mais, suivant le principe de Lyautey, il faut faire la démonstration de sa présence et de sa force, en évitant toutefois de devenir une cible facile.

Les troupes au sol, Armée de Terre complétée par les Fusillés marins (RPIMA) assurent le quadrillage géographique, l’implantation de nombreux postes stratégiques sur les points hauts (pitons). Tandis que les commandos de l’Air, dès leur création, outre les interventions ponctuelles héliportées pour dégager les troupes accrochées, effectuent ce que l’on appellera la nomadisation.

La politique de quadrillage va entraîner la création de zones interdites, vidées de leur population, avec pour conséquence la création de villages en dur –appelés d’auto-défense- pour regrouper les populations déplacées. Au sein de ces villages fortifiés les services d'action psychologique agiront, en ouvrant des classes d'alphabétisation, des centres de soins et d'instruction sanitaire et en formant des unités indigènes de défense encadrées par des sous-officiers et officiers d’active ayant, pour la plupart, déjà servis en Indochine.

Outre les grandes opérations de ratissage (souvent inefficaces hors leur impact psychologique) la formation de commandos de nomadisation utilisant les harkis, permet de maintenir pour les HLL un climat permanent d’insécurité. Cette nomadisation est complétée par des coups de mains ponctuels héliportés sur renseignement.

La Marine assure en outre le transport logistique maritime et le contrôle de la mer (bouclage des côtes et interception des approvisionnements par voie maritime).

Pour l’Armée de l’Air, la réponse sera la création d'escadrilles d'aviation légère d'observation et d'appui tactique rapproché qui vont intervenir au profit de l'armée de terre, mais elle remplit également maintes autres missions à l’usage de la population (évacuation sanitaire, ravitaillement, etc.) et du Gouvernement (cartographie, recherche d’emplacements militaires romains).